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Resnick, Mike
Kirinyaga – une utopie africaine (++++)
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Kirinyaga est un recueil de 8 nouvelles encadrées par un prologue et un épilogue, rédigé par Mike Resnick pendant une dizaine d’années et multi récompensées par les prix de référence de la littérature de science-fiction (Hugo, Nebula).
Elles parlent toutes d’une utopie mise en place par Koriba, un intellectuel Kenyan d’origine Kikuyu. Bien qu’il ait fait ses études dans les plus grandes universités anglo-saxonnes, ce dernier rejette l’occidentalisation du Kenya, qui en ce vingt deuxième siècle est devenu un univers sur urbanisé, pollué, envahi par la technologie, dont la faune a disparu. Koriba aspire donc à revenir au mode de vie traditionnel, ancestral des Kikuyus, avant que n’arrivent les occidentaux. Ce rêve devient réalité avec l’aide de l’administration Kenyanne qui autorise la fondation de la colonie utopique de Kirinyaga, une petite planète terraformée, qui porte le nom du mont Kenya à l'époque où y siégeait encore Ngai le dieu des Kikuyu. Sur Kirinyaga, Koriba est le Mundumungu, sorcier et autorité morale en charge de préserver cette utopie et de maintenir le mode de vie traditionnel des Kikuyus.
Kirinyaga est un ouvrage qui permet d’apprendre beaucoup de choses sur ce peuple Kenyan et ses traditions. Mike Resnick reconstitue le mode de vie pré colonial des Kikuyus. Chaque nouvelle permet de découvrir des coutumes, des mythes, mais aussi l’organisation sociale, l’articulation de la vie communautaire au sein de ce peuple, etc. Il fait revivre également la tradition orale des Kikuyus en truffant chaque nouvelle de contes traditionnels qui sont des outils d’apprentissage de l’existence, de transmission de sagesse pour ce peuple, de divertissement aussi, et un régal pour le lecteur.
A travers Kirinyaga, Mike Resnick mène en fait une brillante réflexion sur l’utopie. C’est l’un des propos majeurs de ce livre. Qu’est ce qu’une utopie ? Quand est-elle réalisée ? Comment la pérenniser ? Peut-elle évoluer ? L’utopie de(s) l’un(s) est-elle celle des autres ? Quelle place pour le monde extérieur dans une utopie - question d’autant plus primordiale à une ère de l’accès, du transport et de la communication, de la modernité ? Chaque nouvelle confronte Koriba à ces questions et montre ses différentes tentatives pour maintenir l’utopie Kirinyaga devant les assauts de la modernité. A un moment ou à un autre, le changement survient, la technologie s’infiltre, le savoir se métamorphose, le doute s’installe, la cohérence culturelle s’effrite. Et des questions spécifiques, propres à cette utopie africaine émergent.
Kirinyaga reproduit en quelque sorte le choc des cultures qui a eu lieu au moment où l’occident est entré en contact avec l’Afrique. Et à la suite reprend en toute logique des thématiques chères à la littérature et à la réflexion Africaines profondément marquées par ces évènements (cf. L’aventure ambigüe de Cheikh Hamidou Kane, Le monde s’effondre de Chinua Achebe ou encore d’autres). La problématique qui mène Koriba à la création de Kirinyaga est celle d’une grande partie de l’Afrique depuis son contact avec l’occident. Quelle place pour les traditions dans la culture moderne ? Comment être africain et pas seulement un occidental noir ? Comment ne pas se perdre ? Quoi prendre dans la culture de l’autre tout en préservant la sienne ? Comment ne pas céder devant la prouesse, la magie de la technologie ? Comment se réapproprier sa propre histoire et sa propre culture sans édulcorant, sans idéalisation et sans retour en arrière ?
La volonté de préserver l’utopie Kikuyu ouvre la voie à la tentation tyrannique chez Koriba. Ou comment l’utopie glisse vers la dystopie et comment Kirinyaga offre aussi le portrait d’un fanatique culturel, d’un extrémiste obscurantiste et d’un intellectuel fourvoyé, au choix. Koriba est dépassé de toutes parts par les forces du changement, quand une petite fille apprend à lire et écrire quand des étrangers arrivent sur Kirinyaga, quand la médecine moderne vient le contredire, quand la vacuité de cet univers immobile et immuable ankylose une partie de la jeunesse, etc. Il sait que tout est dans la cohérence d’une culture et est prêt à tout pour conserver celle des Kikuyus.
Kirinyaga est une œuvre forte, dense et profonde qui ouvre la porte à un vaste champ de réflexions. C’est aussi un livre magnifique, empreint de beauté, de tristesse, de mélancolie, de solitude, car c’est le livre d’un monde, d’une foi, d’un homme qui meurent tout en étant celui de forces d’espoir, de connaissances, de changements qui ne cessent de chercher la voie pour éclore. Kirinyaga est un chef d’œuvre dont je recommande particulièrement la nouvelle Toucher le ciel.
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