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Patricot, Aymeric
Azima la rouge (#)
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Histoires de cité, de banlieue, personnages à la dérive en milieu urbain, sauvage. Dans ces pages se promènent : un caissier obsédé par son physique, un paumé déclassé qui cherche à se faire aimer en colportant les rumeurs, un prof perdu devant sa propre impuissance, sa lâcheté face à la violence du réel, de son environnement, une surveillante aux sentiments ambivalents devant le désir brutal et violent des jeunes à son égard. Surtout, il y a Azima et son frère, deux personnalités opposées qui entretiennent une étrange relation. Le frère est un austère, rigide, excessivement moral et très louche, alors qu’Azima, centre du livre, est un point lumineux autour duquel tout et tous tournent. Cette fille rêveuse, positive, entre la naïveté et le renoncement à la noirceur du monde, est le centre vers lequel tout converge. Comment peut-elle résister, être épargnée par toute l’obscurité autour d’elle, le mal banal et poisseux qui va finir par l’attirer dans sa périphérie ? Aymeric Patricot veut-il écrire un livre sur la banlieue, sur les drames qui s’y déroulent, sur les jeunes plongés dans cet environnement ? Il n’y arrive que partiellement, malgré une expérience terrain que révèle sa biographie et un certain talent pour faire entendre les voix et créer des personnages. En fait, ce livre présente une dose trop élevée d’angélisme et d’esthétisation qui saute immédiatement aux yeux. La sublimation des personnages et du décor ne sied pas vraiment au propos. Le livre parle de la banlieue, des tournantes, de la violence, de la rage, de la misère et pourtant on ne sent rien, on n’éprouve rien, les phrases glissent, les personnages avancent et nos viscères sont tranquilles, immobiles, notre réflexion éteinte. Pas question de réclamer de la crudité et de l’obscène, ce n'est pas obligatoireme, mais force est de reconnaître un décalage entre le réel et la fadeur de ce livre. Le défaut de crédibilité de certaines situations, l'irréalité de certaines réactions font vite sentir en fait qu’Aymeric Patricot observe les personnages, leur réalité de loin, qu’il peut les approcher, mais qu’il n’est pas en eux, qu’il n’est pas eux. Ce décalage entre les voix intérieures des personnages et leur perception ressentie comme totalement extérieure est néfaste. Azima n’apparaît pas fascinante, ange au milieu des ténèbres, elle est tout simplement irréelle et les sentiments sont de fait aux abonnés absents. Dommage.
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