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Mailer, Norman
Le combat du siècle (+++)
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En 1974 a eu lieu le combat du siècle en boxe anglaise : Muhammad Ali et George Foreman se sont affrontés à 4h du matin à Kinshasha, au Zaïre, sous le parrainage du dictateur Mobutu Seseko en Mondovision. C’est à l’occasion de ce match qu’Ali a réussi l’exploit historique de reconquérir pour la troisième fois le titre de champion du monde et d’affirmer sa légende dans un contexte unique, au terme d’une véritable prouesse tactique lors du combat. Pour les amateurs de boxe et de sport en général, il existe deux façons de pénétrer cette légende et d’être au plus près de l’évènement : le fameux documentaire When we were kings et le livre de Norman Mailer, le combat du siècle. Le livre de l’auteur américain est un reportage extraordinaire qui manœuvre habilement le lecteur vers le final tant attendu : le combat. Avant cette apothéose, Norman Mailer met en place tous les éléments nécessaires pour l’apprécier. Hormis les petites attentions au nombril de l’auteur, la désagréable façon de parler de lui à la troisième personne du singulier et quelques fumeuses réflexions sur l’Afrique, tout est appréciable dans cette mise en bouche qui fait monter la pression. On découvre au fur et à mesure, par petites touches, le Zaïre de Mobutu, immense machinerie népotiste, sanguinaire, et totalitaire, ridiculement ostentatoire et pathétique. Au cœur de ce pays, les lieux de villégiature pour le staff, pour les entraînements, le stade où aura lieu le combat, un décor extérieur saisi par à coups. Norman Mailer évolue au milieu des deux entourages des champions et il ne se prive pas de les faire vivre à travers des portraits, des anecdotes, leurs interactions avec les champions. Il fait exister ces personnes qui animent le quotidien dans l’attente du moment où seuls les boxeurs seront en lice, dans la lumière. Le combat du siècle c’est aussi la présence de tous ces gens autour des champions. Ali et George. Norman Mailer essaie d’être au plus près des deux boxeurs, de ne rien rater, de leur moral, de leur physique, de leur entraînement, de leurs interviews, de leurs faits et gestes. Bien plus présent du côté d’Ali, Norman Mailer fait exister les géants hors du combat. Il tente de tout décrypter, de tout mettre en lumière, l’atmosphère, la tension, l’ennui, le combat psychologique, l’épreuve de force et de conviction avant le combat même. Norman Mailer est dans une approche exhaustive et en même temps tellement interne que lorsqu’arrive le combat, le lecteur est dans l’Histoire. Du vestiaire d’Ali jusqu’à sa victoire, après ce n’est plus qu’un grand récit de boxe qui fait mentir tous ceux qui croient que les mots ou le livre ne peut pas capturer le sport. L’écrivain américain arrive à recréer la tension, l’univers physique et mental du combat, il commente en même temps qu’il analyse, qu’il décrypte, qu’il décrit et divulgue de son point de vue privilégié. La prouesse à ce moment là du livre est de ne plus être que sport d’une certaine façon et de brusquement englober tout le récit qui a précédé. Ces pages sont tout simplement le combat. Excitant et solide.
Les vrais durs ne dansent pas (#)
Grosse déception. Cette histoire façon film noir années cinquante ne m’a pas plu du tout. Certes, il y a des personnages forts à commencer par le narrateur Tim, un écrivain raté alcoolique et obsédé, Dougy son père, Regency le chef de la police et quelques autres. Il y a aussi une ambiance particulière avec le décor hivernal de Provincetown. Cependant on se rapproche plus de la série B que du chef d’œuvre. L’intrigue qui paraît de premier abord originale et pleine de suspens est en fait assez brouillonne et noyée dans le bavardage ennuyeux de Norman Mailer. L’ensemble est vraiment insipide et vide d’enjeu. Parfois même le ridicule n’est pas loin et on se console seulement avec quelques dialogues bien sentis et puis voilà. A oublier rapidement.
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