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Koné, Amadou
De la chaire au trône (#)
Cette petite pièce met en scène un pays imaginaire où le prince, élu pour une durée déterminée, peut jouir de toutes les richesses et filles du pays tout en sachant que son destin est la mort programmée pour la fin de son mandat. Seulement voilà que le dernier prince en date refuse et s'embarque dans une résistance symbolique. Face à une jeune fille qu'il a choisie, il raconte sa vie précédente et son ardent désir de liberté, d'égalité pour tous. Onirique, engagée, cette pièce n'est pas vraiment originale dans son propos et pas vraiment non plus dans le cadre qu'elle définit. Rien de bien mauvais, rien de spécialement bon, on navigue dans un entre-deux peut-être dû à l'extrême brièveté de la pièce qui ne permet pas de mettre en valeur le message, le contexte, les valeurs, les personnages et l'ambiance de cette pièce qui paraissait pourtant prometteuse
Le respect des morts (+)
Primée au concours Théâtral Inter africain, Le respect des morts est une pièce brève qui met en scène un petit village bouleversé par la mise en place d'un barrage dans la région par les autorités. Il faut déménager, mais alors et les ancêtres, leur terre ? Le chef du village - en accord avec les notables - est contre le projet alors que son propre fils est pour, conscient des bienfaits du barrage, ignorant des malédictions des ancêtres, des coutumes ? Toujours est-il que le sorcier du village réclame le sacrifice d'un petit enfant au nom des ancêtres pour que s'effondre le barrage. Mais peut-on en venir à bout de la marche inéluctable de la modernité et de ses bienfaits et ses méfaits ? Quel est le prix à payer pour avancer dans la modernité ? Prix collectif, prix individuel ? Eternel débat dans lequel l'Afrique se perd encore et qui est plutôt bien mis en scène dans cette pièce, même si tout ça est vraiment, vraiment très rapide.
Les frasques d'Ebinto (+++)
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Ebinto est un jeune homme pris en plein dans les tourments de l'adolescence. Parti de son village natal pour poursuivre des études à Bassam (Côte d'ivoire), l'avenir s'ouvre devant lui. D'abord le lycée vu qu'il est un élève brillant et travailleur, ensuite les responsabilités d'un honnête homme qui doit s'occuper de sa mère et du reste de sa progéniture, de ses ambitions personnelles légitimes. Seulement voilà, rien n'est simple à l'adolescence, à cette heure difficile où les hommes se forment, où les épreuves pointent le nez, Ebinto, être sensible, rêveur et idéaliste se trouve confronté à des tourments, à des questions cruciales qui vont le déborder. Quel adolescent échappe aux tortures de l'amour ? Pas Ebinto, l'amateur de littérature, qui découvre la passion dans son coeur pour Muriel alors que l'amour et la dévotion s'offrent à lui sous les traits de son amie d'enfance Monique. Comment réagir lorsqu'à cet âge des extrêmes, la tragédie s'invite et requiert des choix cornélliens et des choix qui font ce que nous sommes ? Monique semble la voie sûre, un soutien, une bonne fille, certainement aimante et fidèle prête à le suivre, mais que dire lorsque le coeur ne bat pas aussi follement qu'on le souhaite ? Que dire lorsque la passion explose sur un gouffre de difficultés insurmontables ? Ebinto est trop entier, trop rêveur, trop investi pour ne pas se laisser déborder par le destin et s'enfoncer malgré lui dans une voie qui n'est pas celle qu'il a choisi. Mais l'existence, n'est-ce pas le jeu permanent avec ces forces inconnues qui nous balladent dans tous les sens ? N'avons-nous pas à trouver ce aue nous cherchons dans la route tracée de gré ou non, plutôt que de regarder ailleurs, de rêver autre chose ? Il y a une infinité de questions qui s'infiltrent derrière celles-ci, fourmillent dans cette histoire et dans ses rebondissements, dans sa dimension tragique. Ebinto habite un monde, celui de l'idéal et de la jeunesse, de la tradition aussi qui est malmené non seulement par la vie, mais aussi par les autres et par la modernité. Ebinto n'est pas seulement face à des questions sur l'amour ou le destin, le sens de la vie ou des choix et de la responsabilité, il est devant des questions qui concerne l'Afrique elle-même, sur son destin et ses choix, sur ce qu'elle veut-être, des questions aussi sur la littérature, le réel et la sensibilité.Il ne faut pas oublier que le réel, ça cogne. Voici en tous cas, un récit frais et touchant, empli d'un souffle et d'une force qui mêlent naiveté et profondeur, qui empreint le lecteur du tragique de sa situation et de son questionnement, le remue et le replonge dans cette période de sa vie. Très fort.
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