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Dagerman, Stig
Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (++++)
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C’est beau, pur et…désespérant. Je n’ai pas d’autres mots que ceux là. Ce texte court est un long poème en prose qui résonne comme un cri insupportable devant le fardeau de la vie, devant cette incomplétude qui n’a pas de nom en l’être humain et qui se trouve exacerbé par la vie moderne. Il n’y a rien à dire sur la lucidité de ce texte qui dégage une image d’innocence, loin des insidieux compromis, des barbotages crasseux auxquels nous sommes contraints dans l’existence ou face au miroir. Dur à sa manière, Stig Dagermann révèle indirectement la fin inéluctable qui a été la sienne : le suicide. Il n’a pas trouvé de consolation à hauteur de ses espérances, sans doute parce qu’une grande âme doit supporter plus de douleur qu’une autre – Chateaubriand. Je ferme les yeux un instant et je sens brutalement cet abîme, ce souffle de désespoir qui nous ouvre les bras à tout instant. Vite, je les rouvre et j’essaie de m’accrocher à n’importe quoi, d’oublier que la vérité est là tapie dans les moments de silence : notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Magnifique.
Automne allemand (+++)
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Effectuons un voyage dérangeant avec Stig Dagerman, plongeons dans une réalité souvent occultée et difficile à appréhender, à accepter: l'Allemagne déchue et souffrante au lendemain de la capitulation du troisième reich. On oublie trop souvent que la libération, la victoire des alliés sur le troisième reich a engendré outre-rhin un cycle de souffrance seulement interrompu par le début de la guerre froide et ses nécessités. Il est pourtant salutaire de le rappeler. Stig Dagermann décrit un peuple à genoux, réduit à une existence misérable et douloureuse à la suite des bombardements alliés et de la défaite. Il raconte la douleur du quotidien qui ressort de ses rencontres dans les décombres. Ces petits reportages en territoire conquis peignent une réalité désagréable, débordante d'humiliations, de frustrations, de malheurs. Ils ouvrent néanmoins une interrogation en forme d'abîme concernant la question de la punition, du châtiment de l’Allemagne, au regard de sa culpabilité, de ses fautes et de ses exactions. Jusqu'à quel point peut on justifier la souffrance du peuple allemand ? Surtout quand on connaît les ratés de la dénazification, les effets pervers de la libération décrits par l'auteur ? Dans ce livre, pas d’humour, pas de lyrisme, pas d’ironie, juste un constat et une réflexion, une interpellation. Pour Stig Dagerman, cette souffrance qu'il décrit n’est pas justifiable. Mais le peuple est-il toujours otage de ses dirigeants ?
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