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Bradbury, Ray
Les chroniques martiennes (++)
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Les chroniques martiennes sont devenues un classique de la littérature de la science-fition parce qu'elles apportent à ce genre quelque chose de rare: la poésie. Ray Bradbury est un poète qui se sert de la science-fiction pour nous parler de solitude, de mélancolie, de désespoir, d'inquiétudes existentielles, mais aussi de beauté. Il a pour cela un outil adapté, son style. Tout en images, avec une langue riche, une force d'émotion et de rêve, un souffle difficile à définir, mais qui caresse, l'imaginaire en même temps que l'intellect. Les chroniques martiennes, ce sont des nouvelles qui s'organisent chronologiquement pour raconter la découverte, la conquête de mars par les terriens puis une succession terrible d'évènements qui conduit à une grande catastrophe qui laisse quand même une touche d'espoir à la fin. L'idée n'est pas tant de s'apesantir sur cette trame principale, sur sa crédibilité, sa cohérence ou encore sur la créativité de l'auteur par rapport à un univers fictionnel inédit, inventé. L'essentiel est ailleurs, dans chaque nouvelle qui révèle forcément en elle-même quelque chose de profond et de douloureux chez ces hommes ou chez ces martiens qui ne sont qu'un miroir, une idée d'appui pour évoquer l'homme. Ces chroniques sont une manière originale d'aborder des thèmes comme la menace que fait peser le nucléaire sur la terre, l'inextinguible soif de pouvoir et de sang des hommes, le désir d'amour niché en chacun, la possibilité, le rêve d'un autre monde, d'un nouveau départ, la condition des noirs américains, l'extinction d'une civilisation, l'incommunicabilité entre deux civilisations, etc. A chaque fois, il y a une finesse dans la manière de toucher l'humain qui efface le contexte et qui est peut-être la marque de l'auteur. Bien.
Fahrenheit 451 (++++)
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C’est grâce à des œuvres comme celles-ci que la science-fiction a acquis ses lettres de noblesse et a démontré qu’elle n’avait rien à envier à la littérature générale. C’est avec une écriture recherchée, riche en images, tellement éloignée du jargon de ce style littéraire que Bradbury nous délivre une puissante dystopie. Cette société aseptisée, envahie par les loisirs, la distraction, la futilité et la publicité est une vision terrifiante, extrême de la société de consommation et de loisir. Bradbury a perçu avec une sensibilité hors du commun, le malaise des glorieuses années de la croissance et de la société de consommation. Il a senti ce vide qui menaçait la culture autant que la barbarie pouvait le faire. Guy Montag, son héros, est un pompier du futur chargé de brûler tous les livres afin de réduire à néant leur pouvoir de subversion sur une société trop lisse, trop plate, aseptisée. Mais que devient un agent de ce pouvoir en place quand il commence à douter et en arrive à lire ? Il devient un personnage mythique qui porte cette œuvre jusqu’à une grandiose apothéose. Ce livre est le symbole d’une menace toujours présente, une épée de Damoclès sur la civilisation, on peut recommencer à brûler les livres du jour au lendemain comme aux pires heures d’hier. Brûlant et poétique.
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