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Bataille, Georges
Ma mère (+)
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Il y a deux livres à l’intérieur de Ma mère. C’est d’autant plus flagrant qu’ils représentent presque la même portion de l’ouvrage. L’un est constitué du début du livre jusqu’à l’apparition de Hansi, l’autre débute avec l’histoire d’amour que vit Pierre avec ce personnage jusqu’à la fin du livre. Cette scission pose un véritable problème quand au jugement à porter sur le livre. Car autant la première partie du livre s’attire sans trop de difficultés moult éloges, autant la seconde est tout simplement à la limite de la catastrophe. C’est vraiment dommage, presque tout ce qui est consstruit dans la première partie du livre s’effondre, perd de sa valeur à cause de cette seconde partie. Ma mère, c’est d’abord un roman d’apprentisssage et d’inititiation qui rompt les codes. C’est par la mère autour d’elle que va se créer un tourbillon qui arrache le jeune Pierre à l’enfance et le plonge dans les affres d’une vie adulte où règne le tourment du plaisir, de l’érotisme, de la transgression et du péché. Les quatre personnages – Pierre, la mère, Réa, et même le père fugace – sont réussis, forts en caractère, gorgés de cette folie que Georges Bataille veut nous livrer. Il ya quelque chose de prenant, et en même temps de dérangeant dans cette histoire qui violente notre morale et s’attaque à des tabous absolus. Loin d’être vulgaire, la langue est classique, suffisamment retenue pour que le livre échappe à la vulgarité, mais en même temps assez lyrique pour porter tous les transports que comportent cette première partie. On aurait aimé s’étendre sur le personnage féministe et diabolique de la mère, sur la valeur du péché dans cette littérature – comme chez Dostoïevski – sur la capacité de la littérature à s’emparer du sexe. On était près à crier au chef d’œuvre torturé - et torturant pour le lecteur – quand on découvre la deuxième partie du livre. Là Bataille cède totalement pour notre plus grand déplaisir à une histoire d’amour très peu intéressante entre Pierre et Hansi. Quel dommage ! Non seulement, il se laisse parfois aller au niveau de la langue à la vulgarité, mais il épuise la valeur et l’intérêt de son sujet dans une espèce d’interminable scène amoureuse qui est tout simplement à la limite de l’insipide. Et ce ne sont pas les acrobaties et leurs descriptions qui vont sauver cette histoire somme toute banale. Les pages tournent jusqu’à la fin et on reste pantois devant le gâchis. Cette deuxième partie a tout perdu de l’ambition psychologique et vériablement dérangeante de l’œuvre. Alors ? Je milite pour la scission de ce classique en deux parties pour qu’il puisse entrer pour mon plus grand plaisir dans mon panthéon !
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